Arbres et arbustes 3 : les curiosités

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Freycinetia banksii

Famille : Pandanaceae

Rusticité : zone

Cette liane tient son nom de « Louis Claude de Saulces de Freycinet », géologue et géographe français qui participa à l’expédition scientifique en terres australes (1800-1803) dirigée par Baudin. Il repartit en 1817 à bord de l’Uranie pour de nouvelles recherches scientifiques dans l’hémisphère sud. Le genre Freycinetia est répandu en Asie tropicale et en Océanie, il appartient à la famille du Pandanus, avec lequel il partage de nombreux caractères communs, donnant à cette plante une allure exotique et tropicale sans conteste.

En Nouvelle-Zélande, on la rencontre souvent  sur la côte ouest de l’île du Sud où les précipitions sont abondantes. En effet, cette plante est étroitement inféodée aux forêts humides. Sa répartition continue jusqu’à la limite nord du Fiordland, ce qui lui vaut sans doute une résistance au froid relativement intéressante pour une espèce de ce genre. Lorsque l’on traverse les forêts humides et brumeuses de l’ouest, il suffit de lever les yeux pour être surpris de voir ces pompons de feuilles suspendus à la cime des plus grands arbres. Ces lianes possèdent en effet des racines crampons, leur permettant ainsi de grimper au sommet des forêts, où l’on voit alors surgir des crinières de feuilles simples, sessiles et rubanées au milieu desquelles apparaissent d’étonnantes fleurs, généralement regroupées en trois spadices, chacun entouré d’une spathe nous rappelant les origines primitives de cette plante. Quel spectacle!

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Rhopalostylis sapida

Famille : Arecaceae

Rusticité : zone

Nous vous présentons maintenant l’unique palmier endémique de Nouvelle-Zélande ! Pour les néozélandais il se prénomme « Nikau », et il est la coqueluche des jardins exotiques de l’île du Nord. Un peu gélif, il ne pousse naturellement que dans la moitié nord de l’île du Nord, mais on le retrouve cependant planté ça et là pour ses qualités ornementales. Ce palmier est très esthétique et rappelle de loin ses nombreux cousins de Nouvelle-Calédonie. A leur base, les feuilles entourent le pseudo-tronc d’un petit manchon, laissant alors apparaître au fil des ans des stries circulaires marquant la croissance de l’herbe géante. Droits et fins, ils surgissent brutalement des strates plus basses composées d’arbustes aux feuilles bagarreuses (cf. Pseudopanax) et de fougères arborescentes. Le décor dévoilé nous projette soudainement dans un lointain passé géologique.

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Pseudopanax crassifolium-ferox

Famille : Araliaceae

Rusticité : zone

Voici un petit arbuste du genre Pseudopanax. Assez bien diversifié en Nouvelle-Zélande, il existe en effet … espèces de ce genre dans le pays. Cette espèce possède des feuilles juvéniles assez particulières. En effet, les jeunes plants ont un port retombant avec des feuilles étroites, épaisses et dentées de manière prononcée, leur donnant un aspect peu attractif voir offensif (d’où les noms d’espèce crassifolium et ferox). Une fois les arbustes plus âgés et plus grands, les feuilles ont tendance à s’élargir, à s’assouplir et à se redresser pour capter au mieux les rayons du soleil. Certaines théories montrent que cette différence de forme entre les feuilles juvéniles et mâtures s’est développée afin de protéger la jeune plante du long et redoutable bec du Moa (genre de Kiwi à l’échelle x10) désormais disparu (les derniers individus semblent avoir été tués un peu avant l’arrivée des premiers européens, victimes de leur taille gigantesque et de leur incapacité à voler).

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Agathis australis

Famille : Araucariaceae

Rusticité : zone

Ce sont les géants de l’île du Nord, les Kauris (ce qui signifie en maori « arbre noir ») dépassent allègrement les voûtes forestières formées d’arbres qui paraissent minuscules à leur côté. Le tronc robuste de ces arbres, aussi droit que les colonnes du Parthénon, nous impose sa puissance et nous rend insignifiant, à l’échelle du temps impalpable qu’il a fallu pour ériger ses forêts cathédrales, riches de spiritualité pour les peuples du pacifique. A. australis et toute la famille des Araucariaceae est l’héritage d’un passé lointain (100 millions d’années) lorsque la Nouvelle-Zélande et les autres îles et continents de l’hémisphère sud étaient encore connectés en un super-continent : le « Gondwana ».

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Dacrydium cupressium

Famille : Podocarpaceae

Rusticité : zone

Représentant de la famille des Podocarpaceae, elle-même assez proche des Arocariaceae, cette plante nous renvoie également à ces décors de rêves, ou de cauchemars pour certains, dans lesquels notre imaginaire débordant se voit gambader au milieu de lézards et autres gros reptiles. Cependant, le « Rimu » en maori, pousse dans les forêts humides de basse altitude jusqu’à montagnardes, où les plus grosses créatures que vous pourrez croiser seront les Kiwis ou bien les rangers du DOC ! L’arbre est très esthétique, il est composé de nombreuses branches lâches toutes recouvertes d’aiguilles vertes clairs faisant penser à un arbre pleureur. En grandissant l’arbre s’érige droit vers le ciel et une fois la canopée atteinte il étend, tel des bras robustes, ses branches au creux desquelles petites plantes et arbustes épiphytes y trouvent lumière et humidité.

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Cordyline indivisa

Famille : Agavaceae

Rusticité : zone 8

On ne pouvait vous parler de plantes de Nouvelle-Zélande, sans vous parler de Cordyline indivisa… C‘est donc une des 6 espèces du genre, mais c’est aussi la seule qui pousse dans les forêts d’altitude ;’où son petit nom anglais « montain cabbage tree ». Il pousse donc au milieu des forêts humides et froides de « Nothofagus ». Son allure exotique le rend assez distinct des autres plantes qui l‘entourent dans ces milieux montagnards. Il peut atteindre une hauteur de 8m de haut, et la tige principale (sorte de tronc) est souvent massive (comparé aux autres espèces), tout comme ses feuilles qui peuvent atteindre 2m de long et 20 cm de large dans de bonnes conditions. Les veines parcourant ses feuilles imposantes sont d’un rouge de plus en plus marqué que l’on se rapproche de la veine centrale, ce qui permet également de le distinguer facilement des autres cordylines lorsque la plante est encore jeune. Quoi dire de plus mis à part le fait que cette plante soit une des plus remarquables des forêts subalpines de Nouvelle-Zélande…. Sa résistance au froid se voit donc (réellement) supérieure à celle de Cordyline australis plus souvent rencontré chez nous.

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