La Transcalédonienne – Etape 1

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La série de week-ends à rallonge se poursuit et nous souhaitons profiter de quatre jours libérés pour nous évader en dehors de la cacophonie urbaine de Nouméa.

Trop juste dans le temps et surtout financièrement pour louer une voiture, Vincent et Aurélie viennent à notre rescousse (encore une fois !) en nous proposant d’utiliser leur voiture dont ils n’avaient pas l’utilité les jours suivants. Libéré de ce poids et heureux de pouvoir nous déplacer en toute liberté, nous partons à l’assaut de la « Transcalédonienne » chantant les chansons de « Fred et les ogres » à tue-tête dans la voiture. La Transcalédonienne est, à l’origine, une course à pied qui traverse l’île d’est en ouest. Moins téméraire que ces coureurs, nous nous dirigeons tout d’abord sur la côte est pour rejoindre Canala (ville dite fief indépendantiste kanak), pour rejoindre ensuite la côte ouest en faisant étape par la tribu de Sarraméa située dans une vallée de la « chaîne », puis par le village perché de Farino et finir enfin dans la plaine occidentale entre Farino et Moindou.

Sur les routes serpentées de la chaîne, nous traversons mille et un paysages forgés par les éléments et les hommes, entre savanes à niaoulis, « futaies » de bambous aux dimensions démesurées, fougères arborescentes par ci et par là le long des ruisseaux, tout en s’arrêtant pour apprécier les nombreux points de vue et les cascades qui rayonnent au milieu des pins colonnaires. Après quelques heures de route à bord de notre utilitaire de prêt, nous arrivons à Canala décidés à nous mettre en route pour la cascade de Ciù, somptueuse chute d’eau que l’on peut apercevoir à plusieurs kilomètres. Etant obligés de traverser des propriétés privées pour atteindre le début du sentier, nous patientons un moment avant de nous élancer. Les aiguilles de l’horloge ne nous attendant pas, nous traversons le camping où nous passerons la nuit et entamons l’ascension.

La marche est plaisante et nous atteignons très vite de jolis points de vue sur la baie de Canala. Les paysages sont variés. Nous traversons ainsi quelques jardins vivriers où les larges feuilles de bananiers nous protègent du soleil, et où les cannes qui poussent le long du sentier, surchargées par le poids de leur congénères, s’affaissent pour former de petits tunnels sombres, qui donnent à cette marche un côté insolite et orignal. A mi-chemin nous sortons de cette galerie de graminées pour enfin croiser le cours d’eau que nous longions depuis le début. Ambiance de rêve au milieu des cascades et des piscines naturelles ! C’est l’heure de manger avant d’affronter la partie la plus raide. Une fois repus, nous ne tardons pas afin d’éviter un retour de nuit (comme nous en avons l’habitude).

Les découvertes et les surprises se poursuivent avec la rencontre d’un très joli martin-chasseur sacré ou Todiramphus sanctus canacorum, d’une araignée pirate, et même d’une autruche si vous cherchez bien ! L’étonnement continue lorsque l’on traverse une forêt de bambous. Cernés par ces tiges dressées vers le ciel dans une obscurité épaisse nous tombons par hasard et de manière insolite sur une petite plante à l’aspect particulier, Balanophora fungosa ssp fungosa. C’est une plante parasite des racines, elle se développe de façon concentrique de la même manière que certains champignons. Sa cousine endémique de Nouvelle-Calédonie est nommée « œuf d’or » pour sa couleur dorée et sa forme ovoïde. Nous arrivons ensuite sur les hauts de la chute d’eau. D’une cinquantaine de mètres de haut le bruit et le fracas de l’eau en dit long sur l’aplomb vertical de la falaise. Rassasiés par la vue panoramique et le spectacle de l’eau, nous redescendons rapidement vers le camping sans pour autant se priver d’une petite baignade « nature » dans l’eau rafraîchissante de la cascade !

Après une belle soirée autour du feu et un superbe réveil dans l’ambiance tropicale du camping, nous repartons vers l’ouest à travers la «chaîne» en direction de Sarraméa après avoir pris le petit déjeuner au bord de la rivière « Nakéty » qui serpente au milieu des jardins vivriers des tribus avoisinant la commune de Canala.

Au programme pour la journée, l’ascension du Plateau de Dogny qui se trouve à environ 1000 m d’altitude. L’ascension de 3h nous fait évoluer dans une forêt humide au milieu des palmiers, des fougères et des orchidées.
La nature calédonienne forte d’un endémisme végétal avoisinant les 80%, nous réserve ici une belle surprise… Car entre 600 et 800 m d’altitude se développe une plante rare (car micro-endémique) très particulière puisqu’elle est considérée comme la « mère » des plantes à fleurs. Amborella trichopoda, plutôt discrète au sein des géants de la forêt humide, tient son caractère ancestral de plusieurs aspects. Les fruits sont incomplètement formés, mais c’est surtout la structure de son bois dont les vaisseaux conducteurs sont imparfaits – ressemblant fortement à ceux des fougères – qui constituent la nature primitive de la plante. De plus, grâce à des études moléculaires, 28 gènes « étrangers » – dont certains appartiennent à des mousses – ont été décelés dans les tissus d’A. trichopoda (transferts de gènes…?).

Après avoir passé un peu de temps avec la doyenne des angiospermes, nous poursuivons notre effort pour arriver finalement au sommet du plateau qui offre une vue imprenable sur les côtes est et ouest de l’île par temps clair. Comme on aurait pu le prédire, des nuages gris arrivant de l’est nous bouchent la vue sur la région de Canala mais heureusement, ils nous laissent profiter du panorama sur la côte ouest le temps d’un casse-croûte bien mérité. La pluie qui arrive petit à petit nous oblige à sortir la tenue du bonhomme Michelin, mais ne gâche en rien le spectacle que la nature nous offre. Les creeks et les cascades qui s’entrelacent au sein de la forêt vierge nous transportent dans des songes bien loin du monde « matériel ».

La nuit s’installe tout doucement et la pluie commence à pénétrer  au cœur de nos combinaisons plastiques. Après une descente au pas de course dans un temps record, nous arrivons finalement avant l’obscurité totale sans même avoir besoin de monter la tente à l’aveuglette. Après une douche froide, le repas chaud ravive les corps avant que nous ne sombrions dans un sommeil profond, bercés par la saccade d’une pluie battante.
Cependant, le réveil ensoleillé à proximité des plants de caféiers affiche d’agréables perspectives…

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