La Transcalédonienne – Etape 2

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Direction Farino, où nous nous rendons pour nous porter acquéreurs de quelques pots de confiture chez une petite dame renommée pour son savoir faire. Nous nous arrêtons ensuite à la mairie qui offre un panorama sur le lagon et la plaine de La Foa – Moindou. Nous y rencontrons Charline, chargée de l’accueil touristique de la commune, et le feeling passant bien nous nous faisons inviter à partager un repas « partage » (justement) le soir même, à la mairie.

Nous prenons note de ce rendez-vous inattendu avant de nous diriger sur la Foa. Nous faisons un petit tour par le parc Georges Guillermet où l’on peut admirer les sculptures monumentales réalisés pas des artistes des quatre coins de l’île. Par leur sensibilité et leurs origines ils représentent leur vision personnelle et identitaire de la Calédonie (métissage, méditation,…). Ce parc débouche sur la place du marché où nous profitions d’un arrêt culinaire et dégustons un « fri-fri » (beignet) bien copieux. Puis direction la passerelle Marguerite construite en métropole sur les plans des ingénieurs Gisclard et Arnodin (dans la lignée de l’architecture Eiffel), puis assemblée par les bagnards sur place afin de s’adapter aux nouveaux moyens de circulation et de faciliter celle-ci sur la côte ouest. Elle fut inaugurée en 1909 en présence du Gouverneur Richard et de son épouse : Marguerite, marraine de l’évènement.

Après ce petit tour d’horizon culturel, nous partons pour une après-midi à cheval au cœur des pâturages typiques de la côte ouest pour y découvrir l’ambiance western des stockmen (gardiens de troupeaux). A travers les herbes hautes et les forêts de Niaoulis, nous nous rendons sur les hauteurs pour profiter du décor et du plaisir de la balade à cheval. Nous repartons sur nos pas en même temps que la lumière tamisée du soleil s’estompe dans une atmosphère orangée qui présage une belle soirée étoilée.

En effet, nous nous rendons comme prévu à la mairie de Farino où nous intégrons la soirée « partage » mensuelle qui regroupe les habitants qui le souhaitent autour d’une tablée et d’une piste de danse le temps d’une soirée conviviale. La fête est sympathique et les discussions vont bon train, quelques discours politiques fusent par-ci par-là (la commune a voté à plus de 80% UMP au mois de mai dernier). Dans une ambiance bon enfant, et après plusieurs pas de danse plus ou moins effrénés, où Pierre se voit enseigner par ces dames les rudiments du zouk, le repas se fini comme pressenti au milieu d’une nuit étoilée mais franchement glaciale !

Le lendemain, après avoir partagé un petit déjeuner copieux à la terrasse de la mairie, sur fond de panorama ensoleillé, et après avoir remercié nos hôtes pour cet accueil spontané, nous nous dirigeons vers Moindou à la découverte de l’histoire récente de l’île et l’arrivée des colons, dont ceux issus du système pénitentiaire mis en place par l’état en Nouvelle-Calédonie. Nous visitons le fort Teremba, très bien rénové où l’on apprend beaucoup sur l’arrivée (1871), la vie des colons ainsi que le contexte politique et culturel de l’époque. Les bagnards envoyés en NC – comme dans d’autres colonies – pouvaient être libérés pour bonne conduite. En prime, ils bénéficiaient d’un lopin de terre qu’ils avaient le devoir de valoriser. Ce fut un des premiers procédé de colonisation sur la grande terre, avant l’arrivée plus tardive des colons « Feuillet » – nom du gouverneur de l’époque qui a encouragé la venue de métropolitains –, puis d’autres vagues d’immigration constituées, entre autre, de lorrains et d’alsaciens ayant fuit l’annexion allemande de leur région. L’appropriation des terres n’est pas sans préoccuper les tribus kanakes aux alentours, qui voient leurs terres sacrées occupées et dénaturées par le défrichement et l’exploitation agricole. Après la révolte, en 1878, de plusieurs tribus sur des familles de colons et le centre pénitentiaire Teremba, ce dernier, au départ sans enceinte fortifiée est fermé et des édifices de protection sont créés. L’ensemble (bâtiments pénitentiaires, fournil, quais…) qui est nommé alors « fort Teremba » était au départ destiné à devenir le centre d’une ville plus densément peuplée, mais est petit à petit déserté au bénéfice de la Foa et Moindou situés sur des terres plus fertiles. C’est finalement en 1908 que le fort sera abandonné. La balade nous fait remonter le temps grâce à des visuels et des panneaux explicatifs intéressants. La journée étant déjà bien avancée, nous partons au bord de la mangrove et de sa faune originale (crabes violonistes) pour un dernier pique-nique avant de rejoindre Nouméa.

A la limite de la Province nord et de la Province sud, entre côte est et côte ouest, cette Transcalédonienne fut une formidable expérience à la découverte des gens, de la Nature et de la culture calédonienne !

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