A la découverte du jardin d’Eden

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Après ces deux jours de repos, nous replions bagages et faisons route vers Vao (chef lieu du territoire), avant de continuer notre voyage le long de la route qui fait le tour de l’île. Nous arrivons rapidement à Vao où se concentre une grande partie des îliens. Nous passons près de l’école, de l’église située face à une imposante maison coloniale, puis nous faisons un détour par le monument dédié à St Joseph. C’est un lieu assez surprenant qui reflète le mélange des croyances chrétiennes et ancestrales, avec la présence de figures traditionnelles kanakes tout autour de l’édifice.

Ayant encore de nombreux kilomètres devant nous, nous repartons rapidement sur la route. En ces mois d’hiver nous sommes chanceux d’avoir du beau temps, mais cela nous oblige sans cesse à rechercher les zones d’ombre assez rares le long de cette route, qui traverse des zones de cultures plus ou moins entretenues et parfois très envahies par des espèces exotiques (Lantana camara, Shinus terebinthifolius, etc.).

Après quelques heures de « pédalage » intensif sans trop croiser de monde, nous arrivons à notre première étape : les Grottes de la reine Hortense. Un écriteau cloué sur une petite bicoque fermée, à l’intérieur de laquelle résonne une radio restée allumée, nous indique les heures d’ouverture et le prix de la visite. Etant arrivé pour l’heure du déjeuner, nous attendons la réouverture, ce qui nous laisse le temps de manger. Plusieurs visiteurs arrivent alors sans prendre le soin de laisser un petit quelque chose au propriétaire des lieux. Nous commençons à nous interroger sur l’actualisation de l’affichette avant d’apercevoir une petite dame se diriger vers sa caisse tout en témoignant son mécontentement envers le comportement des visiteurs qu’elle venait à l’instant de croiser en sens contraire sur le chemin. Nous payons alors notre droit de passage avant de nous enfoncer dans les entrailles rocheuses de la grotte. A l’aide de nos frontales, nous suivons un minuscule cours d’eau surement à l’origine de ce gruyère de roche, qui nous mène jusqu’à un trou de lumière situé au cœur de la forêt. C’est une balade très courte mais les formes et couleurs de la roche, ainsi que l’ambiance particulière du lieu, sont les clous du spectacle.

Après cette petite visite, nous continuons notre route jusqu’à la baie d’Oro, lieu incontournable de l’île. La route qui est faite de montées et descentes sinueuses, nous conduit jusqu’à l’hôtel « Le Méridien », enseigne 5 étoiles mondialement connue. Pour notre part nous ne faisons que contourner le complexe, plutôt bien dissimulé, pour nous rendre à un camping au bord de l’eau que nous avons la chance d’avoir pour nous tout seul ce soir là. Le temps de monter la tente et de récolter un peu de bois, nous nous retrouvons dans une ambiance enchanteresse bercée par un voile violet et orangé qui embrase le ciel pendant quelques instants. Le feu comme unique source de chaleur et de lumière, nous ne tardons pas à nous coucher. Réveillés aux aurores le lendemain, nous assistons à un superbe lever de soleil sur la baie et apercevons, de temps à autre, le long cou surmonté de la tête ronde d’une tortue verte, qui semble intriguée de nous voir petit déjeuner. Nous avons le temps de ranger nos affaires avant l’arrivée des propriétaires et de s’assurer que notre réservation pour le midi a bien été prise en compte…

La matinée s’enchaîne par une balade jusqu’à la baie d’Upi, que nous atteignons au prix d’une longue marche en forêt. Une fois arrivés, la vue est belle mais la vase qui se trouve sur le pourtour de la baie empêche toute pérégrination le long de celle-ci ! Demi-tour, marche, et c’est reparti ! Nous arrivons pile-poil à l’heure du déjeuner et nous voilà impatients de déguster notre demi-langouste spéciale Ile des Pins (60€ la langouste tout de même !), réputée comme la meilleure du monde. Le plat est exquis et pas besoin de plus pour nos petits estomacs.

Après ce repas copieux, nous marchons vers la piscine naturelle située à quelques pas de là. C’est une vision de rêve, un bassin d’eau turquoise sur fond de forêt de pins, qui se dévoile alors devant nous… Cette « piscine » est remplie d’eau salée qui arrive de l’océan lorsque les vagues puissantes laissent ruisseler une partie de leur corps au-delà de la barrière rocheuse qui marque la frontière entre terre et mer. Ce site étant classé « réserve naturelle », les poissons, bénitiers et autres crustacés ne sont pas pêchés. Ainsi, il peut être surprenant de se faire frôler la cuisse ou gober les doigts par des poissons peu farouches ! Après une petite baignade nous faisons le tour de la piscine naturelle pour rejoindre l’embouchure. Nous revenons par l’eau où Camille s’émerveille de la beauté des coraux et des poissons qu’elle ne pouvait pas observer sous l’eau (pas de chance d’être une taupe à lunettes !). Il est temps pour nous de partir si l’on ne veut pas pédaler de nuit.

Un peu en retard sur le planning, nous avons la chance de croiser Didier, pêcheur de langouste pour le restaurant, qui nous propose de monter dans son pickup pour une partie du chemin. Camille dans la cabine et Pierre dans la benne, la route est beaucoup moins éprouvante comme cela. Au moment de nous déposer, Didier nous propose de dormir chez sa cousine à Gadji car le camping est désormais fermé. Nous reprenons donc la route vers la tribu de Gadji où nous nous rendons chez Nicole comme conseillé plus tôt. Nous avons le droit à un super accueil et passons une bonne partie de la soirée à discuter avec le fils de Nicole et « Barça » le petit chien fou de la maison.

Le lendemain nous profitons de la matinée pour visiter la vanilleraie et le superbe jardin de la maison. Nos deux hôtes nous quittent pour aller au champ après nous avoir offert bananes, avocats et fait goûter une délicieuse confiture de coco (dont nous avons d’ailleurs pu ramener quelques pots).

En compagnie de « Barça » nous pédalons vers la baie des crabes non loin de là, connue pour ses îlots qui semblent flotter comme des radeaux au milieu de l’eau. Pas de chance pour nous, c’est marée basse et comme à la baie d’Upi, la vase ne nous permet pas une grande marge de manœuvre. Nous repartons alors pour notre dernier jour à vélo avant de réembarquer pour Nouméa. Nous avons quelques soucis à laisser « Barça » qui ne cesse de nous suivre, et faisons finalement appel à la famille voisine pour nous aider. Nous oublions la route qui nous reste à faire, en discutant et en rigolant avec le patriarche, mais finalement nous remobilisons les troupes et quittons Gadji, le cœur serré par ces rencontres, et des morceaux de canne à sucre accrochés à toutes les lanières de nos sacs en témoignage de la générosité kanake.

Les kilomètres dans les jambes commencent à se faire sentir, mais la bonne allure que nous avons suffira pour arriver dans les temps. Nous nous arrêtons tout d’abord au mémorial des prisonniers de la Commune, déportés sur l’île après leur révolte en 1871. Ce lieu de mémoire fut érigé par les survivants, à leur libération, en souvenir de leurs amis disparus. Le témoignage de ces gens déracinés de leur pays, privés de leur famille, victimes de l’histoire et de leur courage, nous empli d’émotion et de méditation. Cette pause nous permet aussi de reprendre des forces et de savourer quelques morceaux de canne. Nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin pour la pause déjeuner, où nous partageons un avocat XXL à proximité des ruines de l’ancien bagne. Les bâtiments sont monumentaux, mais la végétation qui a envahi le site empêche de se rendre bien compte de l’envergure du lieu. Cependant, les marques et les quelques vestiges de la présence de prisonniers qui restent encore visibles sur les murs, nous permettent d’imaginer un peu l’enfer que pouvait être ce bagne.

L’heure tourne et il est temps pour nous de rejoindre la baie de Kuto pour d’autres aventures. Sur le chemin nous nous arrêtons prendre la pose-photo près des immenses banians avant d’embarquer en douceur à bord du Betico. Nous regardons au loin l’île disparaître dans la pénombre qui s’installe et c’est le cœur pincé que nous disons au revoir à cette île et ses habitants formidables. Fatigués, mais heureux de cette aventure, nous profitons du coucher de soleil et de l’air frais sur le pont qui remue et fait valser nos cheveux.

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